4ème partie : les dossiers partagés.
Avant de disposer les dossiers partagés, il convient d’avoir une réflexion en amont, pour les disposer au mieux des ressources que vous accorde votre configuration matérielle.
Se préparer !
Qnap est d’installation très simple, mais non sans méthode. Vous pouvez aisément sauter cette partie si vous êtes un utilisateur aguerri, mais comme je suis une personne méthodique et organisée, je tiens à faire profiter nos lecteurs de mon expérience de vieux routier, sachant que j’ai commencé il y a fort longtemps, en 1976, avec les cartes perforées, le télétexte, pour aujourd’hui arriver à ce niveau de maturité système.
J’ai pour habitude de préparer en amont mes installations en quantifiant au plus juste les besoins. Cela apporte du confort et permet d’éviter de faire des erreurs d’installation car si on dispose de tous les outils pour faire marche arrière ou migrer les données d’un pool de stockage à un autre en cas d’erreur ou de mauvais choix, que de temps perdu et de soucis inutiles !
Cette étape me semble très importante. Voici donc un début de raisonnement, histoire de vous donner quelques pistes de réflexion :
Imaginons la création de trois espaces :
– un dédié aux machines virtuelles (gérées par Virtualization Station)
– un dédié à la musique (géré par music station)
– un dédié à l’archivage de sites internet
L’idée est de réfléchir à ce qu’on attend comme ressources par rapport aux données qui vont être stockées.
| exemple de Dossier partagé | Espace disque | Taille blocs | Type Stockage | Rythme E/S | Snapshot |
|---|---|---|---|---|---|
| "dossier partagé des machines virtuelles" | 500 Go | 32k | Léger | très rapide | virtualization station |
| "musique" | 500 Go | 32k | Léger | standard | mensuel |
| "archives" | 2 To | 4Ko | Léger | standard | snapshot intelligents |
...- et ainsi de suite pour tous vos dossiers partagés.
L’espace disque :
Il demeure évident que vous y avez déjà songé, bien en amont de cette étape, lors de l’achat des disques de votre qnap.
Un des avantages de QuTShero sur QTS est que le dossier partagé sur le pool de stockage peut constituer un volume, c’est à dire qu’il n’y a pas besoin, à l’instar de QTS, de créer des volumes sur les pools de stockage, pour affecter ensuite les dossiers partagés aux volumes existants.
Il suffit simplement de préciser sur quels pools les dossiers partagés doivent être installés. Cerise sur le gâteau, on peut appliquer une politique de snapshot différente à chaque dossier partagé.
Il est toujours utile d’avoir ses prévisions de stockage en main lors de la création des dossiers partagés (qui seront donc, le cas échéant, des volumes de stockage).
La taille des blocs :
La taille des blocs est importante aussi pour gérer au mieux l’espace disque.
Par exemple, il est complètement inutile, à mon sens, de stocker des petits fichiers - comme dans le dossier archive ci-dessus - , en prenant des blocs de grande dimensions !
En effet, comme ce dossier archive va contenir "n" anciens sites internet qui, vous le savez, comportent de très nombreux fichiers caches et fichiers de scripts très petits (une poignée de Ko). Si, par erreur d’installation, vous désignez des blocs de 64k, vous remplirez vos volumes très rapidement et inutilement, avec beaucoup de place perdue) car chaque fichier créé de 2 ou 3 Ko va occuper un bloc de 64 Ko... que d’espace perdu !
Il faut donc prévoir la taille de blocs qui sera le plus appropriée à la taille des données que vous allez stocker. Plus les données sont grosses (par exemple des vidéos), plus les blocs de grande taille seront appropriés. .. et inversement.
Le type de stockage :
Il faut aussi avoir une réflexion sur l’usage de volume lourds ou légers.
Sauf cas atypique et par expérience, je préfère le volume léger car il a l’avantage de laisser les ressources du pool de stockage disponibles tant qu’elles ne sont pas utilisées par les données utilisées des volumes légers créés. Ainsi, cette disponibilité d’espace non-utilisé permet entre autres de stocker du snapshot au niveau du pool de stockage et de garder de la disponibilité de pool pour affectation à des volumes. De plus, il est certainement plus facile de réduire un volume léger qui ne serait pas utilisé sur sa totalité que d’effectuer la même opération sur un volume lourd sans déplacer de données. Après, il y a des cas où les volumes lourds sont à privilégier, mais je ne vais pas ouvrir le débat sur cette partie. L’essentiel est de penser en amont au type de volume que vous allez choisir.
Rythme E/S (performance du stockage) :
Il s’agit de disposer les données sur les supports appropriés aux besoins d’utilisation de ces données. Une formule 1 n’aurait aucun intérêt sur une route nationale, un circuit est plus approprié à l’utilisation de toute sa puissance.
C’est un peu pareil pour les données que vous allez copier sur votre Qnap.. :
Les dossiers qui ont des besoins I/O (entrées/sorties) (très rapides (ex : machines virtuelles) seront sur les nvme, les rapides (ex : photos - ... avec IA -) sur ssd, les standards (ex : documents, musique) sur sata .
Ce sera votre choix personnel .
Ainsi, l’ensemble des données sera disposé sur les supports appropriés qui sont de part leur conception et leurs propriétés optimisés aux usages des données qui y seront copiées. Mais je conviens parfaitement que ce point de vue puisse être discutable !
Si vous avez des doutes sur l’optimisation I/O entre plusieurs dossiers partagés, vous avez aussi la possibilité d’activer la hiérarchisation pour optimiser encore plus les accès disques, mais cette hiérarchisation, aussi efficace soit-elle, consomme des ressources, notamment en matière de mémoire. C’est pourquoi il me semble prudent de ne l’activer que si votre qnap dispose de 32 Go de mémoire ou plus, mais force est de constater que c’est une couche supplémentaire très efficace qui permet encore d’affiner les performances de manière entièrement automatisée.
Les snapshots :
Alors attention, nous parlons bien ici de snapshots car nous sommes au niveau des pools de stockages. Les snapshots, par conception, vous définissent des points de reprise et sont des instantanés qui sont stockés souvent au même endroit que les originaux, vous permettant de revenir rapidement à des situations antérieures. Il ne faut pas les confondre avec les sauvegardes qui sont des stockages à long terme.
Mais puisqu’ils sont là, autant en profiter :
La politique de snapshots varie également d’un dossier à un autre, sur certains dossiers (ex : documents utilisateurs) vous planifierez des snapshots journaliers (voire plus court), que sur d’autres dossiers (ex : films), des snapshots hebdomadaires, voire mensuels. Dans ce domaine particulier, Qnap a des politiques très élaborées au niveau des snapshots et vous offre des choix de planifications très pointues, je pense aux snapshots intelligents, profitez-en pour les découvrir et les mettre en place. C’est vraiment efficace !
Mais il peut arriver de penser qu’on peut quelquefois espacer largement les snapshots au niveau du pool ou d’un dossier partagé. C’est le cas où par exemple on dispose de logiciels qui ont leur propre politique autonome de snapshots agissant sur ce même espace. C’est le cas des machines virtuelles avec virtualization station. Ce logiciel a sa propre gestion de snapshots avec ses outils de sauvegardes, plus adaptée à l’usage de machines virtuelles avec des roulements de snapshots (à partir d’un certain nombre de snapshots choisi, le plus ancien est remplacé par le plus récent).
Mais c’est mon avis, chacun voit midi à sa porte et vous êtes libres de vos choix.
Fort de cette préparation en amont, allons-y gaiement !
Je précise que la description suivante a été créée à but pédagogique seulement et que le dossier "archives" n’est pas validé sur le qnap en production.
Aller dans "Stockage & snapshot", et choisir en haut à droite "créer", "nouveau dossier partagé".
Suit l’assistant de création de dossier partagé ci-dessous :

Prenons, par exemple, le dossier archives :
Sur le premier écran, il suffit de préciser les paramètres que vous aviez travaillé en amont.
Les disques contenus dans le pool de stockage choisi correspondent à la vitesse E/S recherchée (performance du stockage).
En validant sur suivant, vous enchainez sur l’écran suivant :
Ici, il faut choisir la compression des données ainsi que la taille des blocs.
Qnap vous aide avec un exemple de choix de taille de blocs et d’usage correspondant.
En validant, vous arrivez sur les propriétés :
Vous pouvez choisir les options générales selon vos choix.
Enfin le dernier écran récapitulatif qui vous présente les options de dossier choisies.
Notez que vous retrouvez la politique de snapshot si vous l’avez définie lors de la création du dossier partagé, mais si vous avez sauté l’étape, vous pouvez tout à fait revenir sur l’espace partagé pour ajouter cette politique de snapshot de dossier partagé.
Voilà pour les dossiers partagés que vous retrouverez dans vos pools de stockage :

L’avantage est que si vous êtes méticuleux dans les choix de tous ces paramètres, vous aurez une machine qui vous retournera les temps les plus rapides qu’elle puisse vous délivrer, avec une sécurité qui ne sera pas laissée pour compte.
Et croyez moi, quand je parle d’un TVS H874, on peut arriver à des performances exceptionnelles, que je qualifierai même d’indécentes ! Par exemple, sur le démarrage de machines virtuelles linux (sur pool nvme), l’affichage des "rubans" de progression de chargement du système deviennent, comment dire, des images "subliminales" ! C’est assez incroyable au point d’avoir eu, au moins la première fois et pour mon cas, le doute que tout se soit bien chargé,mais c’était bien le cas ! Voilà le ressenti quand on migre depuis un TS 453A (avec déjà des performances très honorables) sur un qnap de ce gabarit.
.
Allez, votre qnap est déjà exploitable pour accueillir des données, mais il reste du grain à moudre ...



